Découverte de la Via Podiensis…du Puy en Velay à Saugues

Sur les pas de Saint-Jacques

1er jour – Le Puy en Velay – Un peu d’histoire

Situé dans le département de la Haute-Loire, le Puy-en-Velay est le point de départ de la Via Podiensis, l’une des 4 voies jacquaires décrites dès le XIIème siècle, menant à Saint-Jacques-de-Compostelle (source les chemins de St Jacques de Compostelle – Edition 2016). Le Puy-en-Velay attire des millions de pèlerins depuis des siècles. C’est une ville d’une richesse architecturale et spirituelle exceptionnelle, également réputé pour sa dentelle, sa lentille verte et sa Verveine du Velay.

Passage obligé pour mieux comprendre l’histoire du pèlerin, nous nous offrons une après-midi de découverte de la ville avant d’entamer notre randonnée prévue dès le lendemain matin.

 

1er jour – Le Puy en Velay – Immersion

La Cathédrale Notre-Dame est le point de départ des Pèlerins. Nous apprenons que chaque matin à 7h00, une messe est célébrée en leur faveur, suivi d’une bénédiction. Le Camino est un lieu d’accueil, de culture et de rencontres situé tout près de la Cathédrale. Une personne de l’Association les Amis de Saint-Jacques du Velay nous accueille et nous invite à participer à une réunion de pèlerins prévue en fin d’après-midi, pour nous prodiguer conseils, recommandations et bons tuyaux. Nous acceptons avec joie. Nous ferons ainsi connaissance de quelques randonneurs venus de tous horizons, notamment de l’Australie, de Belgique et de Suisse, récolterons l’expérience de pèlerins chevronnés et terminerons cette réunion par le verre de l’amitié, en n’oubliant pas de faire tamponner notre Crédential, véritable sésame.

Notre chemin a déjà commencé.

 

 

2ème jour – du Puy-en-Velay vers St Privat d’Allier

La Via Podiensis !

23 kilomètres de prévu aujourd’hui, avec un temps mi-figue, mi-raisin. Les dénivelés sont importants surtout au départ du Puy-en-Velay. Mon sac à dos est mal harnaché et un peu trop chargé, mais je suis bien décidée à avancer. La pluie s’invite sur le chemin, et il nous faut enfiler cape et k-way, cependant le paysage est magnifique et chaque point de vue nous laisse sans voix. Paysage rural, troupeau de vaches, fermes authentiques viennent ajouter de la magie sur notre chemin.

Mais la pluie se renforce, nous faisons une halte sous le porche de l’église de Saint-Christophe de Dolaizon, construite en brèche volcanique, prenons quelques forces (une poignée de fruits secs), puis continuons notre chemin vers Ramourouscle et la Chapelle de Montbonnet. Le chemin est parfois goudronné, parfois franchement boueux.

 

2ème jour (suite) – Paraît’il que le chemin rend heureux !

La Via Podiensis !

Champs de coquelicots, bleuets apparaissent sur le plateau après avoir traversé sentiers herbeux et voie forestière. Par ici un ruisseau, par là des murets de pierre, c’est un enchantement. Et quand le soleil veut bien montrer le bout de son nez, on se croirait au paradis.Le GR65 est très bien indiqué, difficile de se perdre, tous les 200 mètres environ, on le reconnait facilement grâce à ses traits blanc-rouge. Nous arrivons au Chier (prononcer Chière), un hameau, et les bons mots fusent évidemment entre les randonneurs.

Encore quelques kilomètres pour rejoindre Saint-Privat-d’Allier, village perché à 890m, étape des pèlerins. Le ciel est bien sombre. Avant de rejoindre notre authentique auberge étape, nous faisons tamponner notre crédential auprès de la dame de la Paroisse, productrice de lentilles du Puy. Malheureusement, nous n’aurons pas trop le temps de visiter l’église, nous lui préférons une bonne douche et un massage de pieds. Ce sera pour une prochaine fois.

 

 

 

3ème jour – de Saint-Privat d’Allier vers Saugues

Les Monts du Velay !

20 kilomètres, 6 heures de marche, et des dénivelés importants de prévu. Paraît’il que le chemin le Puy-en-Velay – Saugues est le plus difficile et le plus beau aussi. Ce matin, nous partons dans le brouillard…et la sortie du village est ardue, c’est la grimpette. Mais un bien beau spectacle nous attend sur le plateau, un fermier conduit ses vaches au pré. En partant, je me suis délestée de la plupart de mes affaires laissées en consigne chez l’aubergiste de Saint-Privat, et 2 randonneuses super-sympas m’ont ajusté mon sac à dos. Le chemin devrait donc se passer sous les meilleurs auspices. Enfin je crois.

Après les Monts du Velay, nous découvrons les paysages magnifiques de la vallée de l’Allier. Le brouillard s’est complètement dissipé et nous offre un panorama exceptionnel.

 

3ème jour – Au coeur de la Margeride

La Chapelle de Rochegude (XIIème siècle)

Le saviez-vous ? La Margeride est un massif montagneux et arrondi, et plateau granitique le plus important de France. Il s’étend sur 3 départements : la Haute-Loire, le Cantal et la Lozère. C’est une lande jonchée de granit (source Topo Guide). Une multitude de genêts viennent ajouter à la beauté du paysage, on se croirait au milieu d’une carte postale.

Sur le chemin, une visite de la petite chapelle du XIIème siècle de Rochegude s’impose. Elle est dédiée à Saint-Jacques. C’est un lieu de paix et de ressource qui offre une vue splendide et sur le Velay et sur le plateau de la Margeride. A l’intérieur, 3 minuscules bancs de bois accueillent les pèlerins.

 

3ème jour – Jusqu’au bout !

La Via Podiensis !

A Monistrol d’Allier, nous traversons la rivière l’Allier sur un pont construit par Gustave Eiffel. Encore un patrimoine exceptionnel. Nous empruntons à présent un chemin sinueux qui surplombe la rivière, le sol est glissant, il faut être prudent. Il nous reste beaucoup de chemin à parcourir avant de rejoindre notre destination. Il ne faut pas trainer en route car une navette nous attend à 16h15 précises à Saugues pour nous rapatrier au Puy, et comme nous ne connaissons pas le chemin, autant être prudente. Au loin le tonnerre gronde et le ciel s’assombrit. Il va rapidement falloir remettre les capes et K-way. C’est une pluie diluvienne que nous empruntons les chemins de traverse gorgés d’eau et de bouses de vache. Rythme effrené, tête dans la capuche, nous ressemblons à Quasimodi vu de dos. Nos chaussures s’enfoncent dans la boue jusqu’à tremper nos chaussettes. Je ne vous parlerai pas de ma chute mémorable sur les rochers glissants, dans la dernière descente vers Saugues, sans gravité heureusement, mais un genou en chou-fleur. On en rit encore.

Nous atteindrons enfin notre destination, trempées jusqu’aux os, mais oh combien soulagées. Il est 15h30.

Saint-Jacques de Compostelle, l’aventure ne fait que commencer !

Ainsi s’achève notre première expérience de pèlerin(e). Quelle aventure. Nous nous sommes promis d’ajouter quelques étapes à notre chemin l’année prochain, rendez-vous est déjà programmé en mai. Avec un départ de Saugues destination Nasbinals.

Au coeur avions si grand plaisir

de voir Saint-Jacques

Avons laissé tous nos plaisirs

Pour faire ce voyage

 

A bientôt sur la route des trésors de France.

Auteur textes et photos : Corinne LAINÉ

CLETOURISME

"Issue du monde des affaires, de la communication et du tourisme, passionnée de balades, de patrimoine et adepte des NTIC, la spécificité de mon métier de Consultant e-tourisme est la mise en synergie de ces différentes compétences acquises au cours de plus de 25 ans d'expérience professionnelle". Aujourd'hui je gère un service de conciergerie dans le Haut-Vaucluse.